Tu sais, on a beau être préparé à partir ou se voir partir les uns après les autres, on n’est jamais vraiment prêt. C’est un peu comme la grossesse, l’accouchement ou élever ses enfants, c’est une expérience propre à chacun.

Il y a un peu plus de 15 ans tu m’avais déjà fait comprendre l’importance de croquer la vie à pleine dent, de vivre l’instant présent avec cette sagesse indéfinissable. Avais-je besoin de cette piqûre de rappel pour qu’elle s’inscrive durablement en moi ?

Je suis comme figée, déphasée, perdue, paralysée, je ne comprends pas. J’ai pourtant la foi. C’est le cycle de la vie. La loi de la nature. Mais aujourd’hui c’est comme si mon esprit était en apesanteur à tes cotés. J’observe la vie continuer autour de moi, sans trop savoir où je suis, qui je suis, où je vais… Pourtant je n’ai pas peur. Je suis simplement perdue. Alors c’est ça le deuil ? Je ne ressens pourtant pas de vide, ni de manque. Est-ce la prochaine étape de conscience ? L’acceptation ?

J’alterne entre pleurs de confusion car je croyais être prête ; de culpabilité parce que notre dernier échange téléphonique faisait l’écho de ma colère car ton état de santé me ramenait 15 ans en arrière, à cette souffrance que je croyais pansée, lorsque je t’avais accompagné dans ce coma interminable… ; incapacité, immobilisme,… pourquoi ? Qu’est-ce que je fais maintenant ? Presque honte quand je souris, quand j’imagine que rien n’est réalité, que tout va bien. Est-on conditionné à la souffrance ?

J’ai toujours cherché ta fierté, ta reconnaissance, ta présence dans tout ce que j’entreprenais. Jusqu’au jour où j’ai coupé le cordon, celui de la dépendance affective, quand j’ai moi-même donné la vie. Je suis entrée sur le chemin de la conscience, de l’amour de moi-m’aime, de ma responsabilité, comme une renaissance, un réveil. Un pas après l’autre… comme un funambule où le moindre courant d’air, la moindre bourrasque m’encourage à retrouver mon équilibre. Je l’ai d’abord cherché à l’extérieur. Longtemps. Puis aujourd’hui du mieux que je peux à l’intérieur.

Enfant puis ado, tu m’encourageais dans cette voie de la sagesse déjà quand j’étais surexcitée, en colère ou triste : « vas marcher pieds nus dans le gazon et toucher les arbres », « vas courir », « écoute les oiseaux », « respire », « tiens, vas caresser le chien »… Quand la graine avait du mal à germer tu me faisais rire car pour toi, c’était vital de rire de tout. Arrivait parfois le moment où tu me « bottais le cul » ;-)

Merci Papa.

Ta volonté, ta joie, ton humour, ta combativité, ta sensibilité, ta curiosité, ton amour et ta foi en toutes formes de vie vibrent en moi et dans toutes les cellules de mes enfants. C’est comme cela que nous t’honorerons Papa.

Avec tout mon amour ici et au-delà.

Puisses ton âme trouver la paix et être guidée par la lumière de l’amour inconditionnel, celui que tu as désespérément cherché toute ta vie au sein de notre Humanité.

Je t’aime.

« Quand on veut on peut » ; « Tu fais, ou tu fais pas mais tu fais pas semblant »
Georges MACHUT.

Plutôt que d’avoir peur de la MORT, ayons la joie et l’amour d’Être en VIE. C’est ça pour moi aujourd’hui le respect de l'humanité. Vivre 🙏💜✨🌈.
Diane CARRIERE.

« Lève-toi et marche ! »